En vérité, mon problème n'était pas de partir mais de quitter...
Je ne sais pas si j'étais amoureuse. Pourtant, je réagissais mal quand il évoquait son départ pour l'Amérique. Absurbe, évidemment, puisque moi aussi, j'envisageais de partir. Mais une séparation volontaire ne ressemble pas à une séparation subie. la douleur du décissionnaire est différente de celle de la victime. Elle est plus lourde, plus noble peut-être mais plus culpabilisante. Pourquoi envisagions-nous de partir? Pour voir? Voir un autre continent, d'autres coutumes, d'autres habitudes? Ou les autres tout simplement? D'autres habiotants de la planète Terre? cette population incertaine qui encombrait mes rêves. Comme si les autres, c'était nous en mieux. Mes ambitions étaient, proches de celles de Fifi, au-dessus de mes moyens. J'imaginais que mes parents s'étaient installés sur cette côte désertique parce qu'ils n'avaient pas besoin des gens. Ils n'avaient pas envie de défis, ils se suffisaient. J'étais jeune, cette sagesse, si c'en était une, me déplaisait.
©N'oublie pas d'être heureuse ~ Christine Orban